La mort de ” l’islam politique “?

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« Quiconque veut la puissance (qu’il la cherche auprès d’Allah) car la puissance tout entière est à Allah »

[Voir Coran 35/10]

Endéans le mois où le mouvement Ennahda en Tunisie a officiellement annoncé qu’elle abandonnait son programme islamique et qu’elle allait être dans la poursuite d’un programme qui ne prendra plus l’islam pour identité, le centre de recherche Pew a publié ses dernières recherches indiquant la demande croissante de la gouvernance islamique dans le monde musulman.[1] Aljazeera a décrit ce demi-tour comme «amerrissage forcé de l’Islam» [2] tandis que le leader d’Ennahda, Rachid Ghannouchi a expliqué ce demi-tour comme suit: «après la révolution de 2011 et l’adoption de la nouvelle Constitution en 2014, il n’y a plus de justification pour qu’un parti en Tunisie se désigne par le terme islam politique. », Ghannouchi ajoute  » le parti cherche à se définir comme un mouvement démocratique et civil. »[3]

Cette abandon formel par Ennahda met fin à l’époque du pouvoir des partis qui ont soi-disant appelait à « l’islam politique» et qui ont accédé au pouvoir suite à l’environnement du printemps arabe , mais ont lamentablement échoué une fois au pouvoir. Le gouvernement des Frères musulmans (FM) ont subi un destin similaire mais beaucoup plus effroyable en Égypte, où beaucoup de sang a coulé et où de nombreuses personnes languissent en prison . Une grande partie des médias mondiaux ont présenté ce développement comme étant le point de mort pour la gouvernance islamique, cependant un examen plus approfondi nous indique tout le contraire .

Une grande partie du monde fut surpris lorsque les FM en Égypte et Ennahda de Tunisie sont sorti victorieux dans leurs élections respectives. Deux pays où les anciens régimes s’étaient retranché et avaient soit exilé soit emprisonné l’opposition. En Égypte, le mouvement des FM a remporté une victoire écrasante au parlement, en prenant la moitié des sièges et a également remporté l’élection présidentielle. En Tunisie Ennahda a remporté la première élection libre du pays en 2011, avec 37% des voix, son plus proche rival ayant recueilli seulement 8% des voix.
En dépit de ces réalisations étonnantes, ces deux vainqueurs ont agi à partir d’une position de faiblesse, plutôt que d’une position de force! Malgré le fait d’avoir gagné les élections, Ennahda a rassuré en permanence les courants laïques et libéraux de Tunisie et les médias étrangers – concernant son attachement aux références démocratiques.
Bien qu’il ait reçu un soutien des masses, Ennahda abandonna les références à l’Islam, lors de la formation de la nouvelle constitution du pays. [4]

Ennahda a même voté contre les propositions de lois qui excluent les membres de l’ancien régime de participer aux élections de 2015. Ennahda et les FM en Égypte ont été incapables de gouverner efficacement puisqu’ils régnaient à partir d’une position de faiblesse et ont tenté d’apaiser ceux qui ont échoué à recueillir l’approbation du peuple dans les élections post « printemps arabes ».
Malgré leur volonté d’apaisement et de plaire, cela s’est soldée par un échec et les gouvernements des FM et Ennahda qui ont été finalement chassés du pouvoir.

Les deux mouvements ont pris les rênes du pouvoir dans des pays qui souffraient de graves problèmes économiques. De nombreux sondages et enquêtes d’opinion ont successivement montré que l’emploi, la sécurité et les opportunités étaient les principales préoccupation des masses.

Les deux mouvements ont échoué lamentablement dans ces domaines. Ils n’avaient aucune vision politiques alternative et aucun plan de route, malgré des décennies pour en préparer un. La Tunisie a des limites inhérentes, elle est une petite nation, avec une population de 11 millions et un PIB de 50 milliards $ – plus petite que la ville nigériane de Lagos. Mais les formations de schistes importants de la Tunisie dans le bassin de Ghadamès, estimées à 23 billions de pieds cubes de ressources de gaz techniquement récupérables et 1,5 milliards de barils de ressources pétrolières techniquement récupérables sont restés en suspension.[5]
Le gouvernement des FM ont fait encore pire en Egypte. Le gouvernement Muhammed Morsi a apporté une grande confusion et d’instabilité en Egypte au niveau des prises de décisions. Des positions politiques ont été adoptes puis constamment inversées en raison de l’opposition. Dans les deux pays, la situation économique et sociale s’est aggravée en raison de l’absence du développement d’une politique indépendante et parfois en raison de l’incompétence pure et simple.

Leurs concessions vis à vis de la loi islamique met en évidence l’absence totale de vision global sur base de l’Islam. Dans le cas d’Ennahda, son leader Rachid Ghannouchi a passé des décennies en exil au Royaume-Uni expliquant combien l’islam est compatible avec la démocratie et les valeurs libérales. Lorsque Ennahda est sorti victorieux, il est allé très loin pour montrer sa modération et son attachement envers l’Occident . Les FM en Egypte ont suivi le même chemin quand ils ont également fait marche arrière en ce qui concerne la loi islamique. Le mouvement des FM et Ennahda ont fait valoir que les solutions islamiques ne sont pas aptes à faire face à des problèmes tels que la pauvreté, le chômage et le développement. Ils affirmaient aussi que mettre en œuvre l’islam aurait pour conséquence d’effrayer les minorités, effrayer les investisseurs et effrayer la communauté internationale. La fascination pour la démocratie et les valeurs libérales par ces partis a entraîné à l’abandon de l’islam , en dépit de l’étiquette islamique.

En réalité, lorsque l’on observe la période ou les FM et Ennahda étaient au pouvoir, ils ne disposaient pas des principes en dehors du compromis et l’abandon des préceptes islamiques . Ils ont gagné les élections qui ont été viciée dès le départ. Un parlement qui était une relique de tout ce qu’il y a de mauvais dans le monde musulman . Ces partis, plutôt que de modifier et de remplacer un tel système, sont entrés dans le système corrompu et ont remplacé Ben Ali et Hosni Moubarak avec eux-mêmes dans le maintien des systèmes séculaires corrompus . Leur distorsion de l’Islam a conduit à ce que les sacrifices du peuple et les demandes de changement soient dilués, et ils ont été forcé à respirer la vie sous les anciens systèmes contre lesquels les gens se sont révolté.

Ennahda et les FM ont milité pendant des décennies pour apporter des changements dans leurs nations. Ils ont « appelé à l’Islam »alors que beaucoup de leurs membres ont été emprisonnés ou contraints à l’exil. Mais une fois au pouvoir, ils ont abandonné les décennies d’appel et devinrent comme leurs collègues laïques en adoptant les principes de compromis, la flexibilité et de ne jamais avoir de principes fixes. Ennahda et les FM ont abandonné l’Islam et ont complètement échoué, même lorsqu’ils ont tenté de gouverner avec la laïcité. Les deux mouvements ont utilisé efficacement les sentiments islamiques des populations pour venir au pouvoir, et une fois au pouvoir, ils ont revendiqué l’impraticabilité de l’Islam pour justifier leur propre incompétence. Alors que les enquêtes et notamment la recherche approfondie menée par le Pew Institute, ont montré que le monde musulman souhaite de plus en plus de l’islam dans leur nation, ce que le FM et Ennahdah ne ‘’comprenaient’’ pas. Leur échec prouve que la demande pour le retour de l’islam n’a pas pris fin, mais elle vient juste de commencer. Ceux qui ont échoué, c’est ceux qui disent avoir adopté l’Islam, mais maintiennent le statu quo une fois au pouvoir.

« Ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu’ils recherchent auprès d’eux ? (En vérité) la puissance appartient entièrement à Allah. » [Voir Coran 4/139]

[1] http://www.pewglobal.org/…/the-divide-over-islam-and-natio…/
[2] http://www.aljazeera.com/…/tunisia-ennahda-ditching-politic…
[3] https://www.alaraby.co.uk/…/tunisias-ennahdha-re-elects-par…
[4] https://www.rt.com/news/tunisia-rejects-islam-law-196/
[5] https://www.eia.gov/…/stud…/worldshalegas/pdf/fullreport.pdf

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