Comprendre l’instinct de religiosité

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Pour rappel : l’homme détient trois instincts : l’instinct de survie, l’instinct de procréation et l’instinct de religiosité. La satisfaction de ces instincts est nécessaire. Leur insatisfaction ne mène pas à la mort de l’homme, mais mène à sa misère.

L’instinct de religiosité est inné et constant chez l’être humain, car c’est le sentiment de besoin pour un Créateur et un Organisateur, peu importe la manière dont les gens interprète ce Créateur. Qu’ils soient Chrétiens, Juifs, Hindous, croyants dans la nature comme organisateur, Musulmans ou athéistes, cet instinct est inné chez eux.

Toutefois, la croyance à travers les émotions seules mènera à des résultats peu fiables, car les émotions fluctuent et sont déclenchés par les pensées, ainsi que par la réalité sentie. C’est pourquoi les émotions ne sont pas permanent et fluctuent constamment. L’islam n’a donc pas laisser les émotions seules, comme méthode de croyance. Ni l’islam n’a laissé la raison seule comme étant la méthode de croyance. L’islam en réalité, demande que le sentiment inné de faiblesse déclenché par l’instinct de religiosité chez l’être humain soit connecté avec la croyance rationnelle.

Car il est dangereux de comprendre les preuves de la croyance islamique d’une manière académique de sorte qu’une personne soit capable d’articuler les arguments islamiques de manière élaborées, sans pour autant les connecter répétitivement avec le sentiment de religiosité. Ceci produira une personne qui comprend la croyance islamique mais qui est faible en matière d’adhérence aux prescriptions qui émanent de celle-ci.

Les instincts sont différents des besoins organiques en terme d’agitation. Ceci parce que les besoins organiques sont agités par une impulsion interne qui peut être sentie quand quelqu’un a faim, soif ou est fatigué. En contrepartie, ce qui agite les instincts, c’est soit certains types de pensées ou la réalité sentie qui fait que les émotions demandent à être satisfaits.

Prenons l’exemple de l’instinct de procréation. Cet instinct est agité en pensant à un individu attractif du sexe opposé, ou à quoi que ce soit relatif au sexe ou en voyant effectivement un individu attractif ou en voyant quoi que ce soit relatif au sexe. Sans cette impulsion provenant des pensées ou de la réalité sentie, l’instinct de procréation n’aurait pas été agité.

Aussi, l’instinct de survie est agité lorsqu’une personne pense à des choses qu’ils pourraient se procurer, ou lorsqu’il remarque autour de lui que les gens se procurent des choses, achète des voitures et des maisons, gagnent beaucoup d’argent. Dans cette atmosphère, l’instinct de survie est constamment agité et crée chez l’homme des sentiments.

Pareillement, l’instinct de religiosité est agité quand l’être humain pense à propos de sa propre faiblesse, comme le fait qu’il pense à la mort, aux versets du Coran, au jour du jugement ou lorsqu’il réalise la grandeur d’Allah (SWT) par la contemplation des aspects de l’homme, l’univers et la vie. Ainsi donc, les effets de cet instinct apparaissent quand une pensée ou la réalité sentie l’agite.

La culture occidentale distrait les gens de la religiosité. Le déclenchement de l’instinct de survie et de l’instinct de procréation domine la société occidentale ainsi que les sociétés qui ont fortement été affectés par celle-là. Malheureusement cette réalité a aussi affligé certains musulmans, pour qui l’instinct de religiosité n’est qu’occasionnellement déclenché, probablement pendant le mois de Ramadhan ou en cas de maladie ou lorsqu’ils sont face à la mort.

Ceci a mené à un vide spirituel dans les sociétés occidentales où le sentiment de vide et de misère et où la dépression sont en augmentation.

Allah (SWT) encourage les gens à méditer à propos de Sa création, comme la terre, les animaux, les mers, les étoiles, ainsi qu’à propos d’eux-mêmes. Cette méditation et cette contemplation font que l’homme apprécie ses propres faiblesses et apprécie la Majesté d’Allah (SWT). La méditation à propos de la création d’Allah (SWT) est la caractéristique de celui qui croit en Allah (SWT) comme étant une vérité.

Al-Chafi (RhA) dit : « La feuille du mûrier. Sa couleur, son odeur, son goût et tout ce qui la concerne semblent pareil et seul pour toi. Mais lorsque la chenille la mange, elle en fait un fin fil de soie. Lorsqu’une abeille se nourri de la feuille, elle en fabrique le miel. Un mouton en mange et il en fait de la crotte. La gazelle la mâche et en produit le parfum de musc. Qui a fait que toutes ces différentes choses proviennent du même type de feuille ? »

De la feuille à la montagne élevée, de la gravité à l’électricité, toutes les création d’Allah (SWT) indiquent sa grandeur et confirme sa supériorité.

L’être humain est fragile, faible, facilement blessé, enclin à tomber malade et destiné à mourir. Il n’est rien si ce n’est qu’une poignée de sable dans ce vaste univers qui est entièrement soumis à Allah (SWT). Le fait de réaliser sa mortalité aide à déclencher le sentiment de religiosité et de vénération de l’immortel, Allah (SWT).

Abu Dharr (RA) a dit : Le Messager d’Allah (SAAWS) a dit : « Visitez les tombes car ce sera pour vous un rappel de l’Au-Delà. Lavez les morts, car prendre soin d’un corps vide est pour vous un conseil hors du commun. Priez sur les défunts, ainsi, cela vous attristera, car la personne triste est sous l’ombre d’Allah » [Ibn Abi Al-Dunya et Al-Hakim – Chaîne de narration bonne]

Le Messager d’Allah (SAAWS) a dit : « Augmentez le rappel de ce qui détruit les désires » [Al Tirmidhi]

Et il a dit (SAAWS) : « Si les animaux savaient ce que les enfants d’Adam savent à propos de la mort vous ne verrez aucun animal gras pour les manger » [Al Baihaqi dans « Al Chu’ab »]

Le rappel de la mort n’est pas le fait de pleurer, crier, se blâmer quand on est au bord de la mort, qu’on assiste à des funérailles ou qu’on visite la tombe. Le rappel de la mort, c’est plutôt quand un croyant s’imagine qu’il va rencontrer son Seigneur à n’importe quel moment et que ces actions seront terminées ainsi que la possibilité de se repentir. Ainsi, dans cette situation, il deviendra conscient de soi-même, attentionné dans l’obéissance à Allah (SWT), conscient de son Seigneur à n’importe quelle seconde de sa vie.

Les Compagnons du Prophètes (RA) – même ceux qui étaient promis avec le Paradis durant leur vie – s’assuraient en continu d’être dans une atmosphère de contemplation et de pensée, de sorte que certains s’évanouissaient lorsqu’ils entendaient un verset particulier du Coran, d’autres pleuraient  en pensant à la mort et au Jour du Jugement Dernier.

Le Messager d’Allah (SAAWS) était celui qui craignait le plus, parmi les gens, et qui pleurait le plus. Abu Bakr Al-Siddiq (RA) lui a dit une fois : « Tes cheveux sont devenus gris, Ô Messager d’Allah ». Le Prophète (SAAWS) lui a répondu : « (la sourate) Hûd et ses sœurs ont grisé mes cheveux : Al-Waqi’a, ‘Amma Yatasaa’alun et Itha Al-Chamsu Kuwwirat ».

Et il a été rapporté par Ibn Najjar, d’après Umar (RA) que le Messager d’Allah (SAAWS) a entendu quelqu’un qui lisait : « Nous avons [pour eux] lourdes chaînes et Enfer » [Al Muzzamil 12] et il a commencé à pleurer.

C’est pourquoi ce n’est pas assez pour le musulman, afin de maintenir sa Taqwa, de simplement comprendre les arguments rationnels de la croyance islamique. Il doit continuellement méditer sur le Coran et l’Univers autour de lui, pour que sa religiosité envers d’Allah soit forte. Ceci le mènera à sanctifier Allah (SWT) et à obéir ses ordres et ses prohibitions.

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