Coronavirus, pourquoi semer autant de peur ?

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Face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés, la peur est une émotion naturelle qui nous met dans un dilemme : soit fuir les problèmes, soit les affronter.

En d’autres mots lorsque nous sommes exposés à un évènement de la vie : soit on va l’examiner et se focaliser dessus afin de le solutionner. Soit on va le nier, ne pas l’aborder comme étant une solution à nos yeux bien qu’elle soit temporaire ou voir même accessoire.

Il existe deux types de peur que nous pouvons résumer brièvement comme ceci :

  1.  La peur provenant de la Fitra (la nature intrinsèque) : il s’agit de notre réaction face à des évènements soudains / inattendus. Ce sentiment s’explique par l’impuissance de l’Homme face à une situation qui se passe en dehors du cadre son libre arbitre. Par conséquent, nous aurons du mal à retirer cette peur.
  2. La peur provenant des idées : il s’agit des peurs que nous vivons face aux idées préconçues que nous avons concernant un évènement / une situation. Etant donné que ces peurs sont influencées par les idées préconçues que nous avons, il est possible qu’elles s’accentuent ou au contraire diminuent, changent voire disparaissent.

Dans les deux cas, nous avons aborder la thématique de la peur dans le cadre de la sphère individuelle. Or, dans le cadre de notre sujet concernant le Coronavirus, la peur individuelle n’est pas le point sur lequel nous devons nous axer, mais bien plus sur le phénomène des peurs de masses quelle soient cantonnées à un lieu ou voir même mondiale.

Comme on le sait, dans tous cadres idéologiques (structures étatiques), il existe des règles juridiques déterminées par le législateur afin d’y assurer l’ordre social. Afin d’assurer le respect de l’ordre et de l’autorité, les individus sont constamment rappelés à l’existence de ces règles, qui le cas échéant fait l’objet de sanctions pénales.

Toutefois, l’idéologie capitaliste ne se cantonne pas uniquement aux cadres juridiques. Afin de subordonner les masses à sa ligne directrice, il va se jouer du concept (sentiment) de peur qu’il va insuffler aussi bien dans les domaines de l’économie, de la politique, de l’éducation que des autres aspects sociétaux, et tout cela dans le but d’orienter les masses dans une voie qui satisfait ses propres intérêts.

Par exemple, lorsque vous demandez à un musulman qui a une foi sincère, comment va se dérouler la fin du monde ? Il répondra par la fin des temps (Al-Qiyama).

Si la même question était posée aux autres personnes, les réponses seraient probablement l’une des suivantes :

  • Une météorite va tomber sur terre causant la perte du monde
  • Des extraterrestres vont envahir le monde
  • Un conflit mondial pour les ressources naturelles
  • Les robots vont prendre l’ascendant sur les hommes
  • Les virus vont exterminer la race humaine
  • Les crises économiques vont causer la perte des sociétés
  • Les zombies vont prendre le contrôle de la planète
  •  Etc.…

Vous avez sans doute entendu ces réponses dans votre vie, car des théories du genre sont continuellement abordées que ce soit à travers des films, des programmes scientifiques et même des documentaires.

Ces théories ne sont pas abordées de manière anodine, car la politique de la peur est l’une des ressources les plus importantes qui permet au capitalisme de subsister. Il s’agit d’une question tellement essentielle qu’elle ne peut être utilisée uniquement dans le cadre juridique.

Comme vous le voyez continuellement, il y a de temps à autres des crises économiques qui sont évoquées, des risques de pénuries alimentaires, le chômage, la guerre, les maladies etc.… Avec de telles situations, la psychologie de la peur s’impose constamment aux sociétés. Les drames humains qui en découlent sont utilisés sciemment… ainsi le drame qui concerne 5 personnes sera exacerbé dans l’objectif de générer un sentiment de peur auprès du reste de la population.

Grâce à cette approche, le capitalisme ouvre de nouvelles brèches pour protéger / justifier son existence. Le dernier exemple en date est le Coronavirus.

Alors que le nombre de personnes qui meurent chaque année de la cigarette, des drogues, d’autres maladies infectieuses et même de la grippe se chiffre en millions, le monde est focalisé sur ce fameux virus.

Bien sûr, il est tout à fait normal d’attirer notre attention en raison de contamination facile et de ses conséquences mortelles. Mais les médias maintiennent ce sujet au sommet de l’actualité afin d’assoir le sentiment de crainte / de peur. Si vous vous souvenez, il y a eu des virus comme la grippe porcine, la grippe aviaire, Ebola et le SARS. Est-ce que ces virus ont-ils été éradiqués ? Non, bien qu’ils n’aient pas été éradiqués, ils ne sont plus à l’ordre du jour. Pour être plus précis, ils ont été retirés de l’ordre du jour car leur influence médiatique s’est estompée.

Quelques soit la difficulté de la situation, les gens ont la faculté de s’y accoutumer. Même si les craintes et inquiétudes persistent, les effets opérationnels qu’elles ont sur l’Homme disparaissent avec le temps.

Les capitalistes qui savent très bien cela, produisent immédiatement de nouvelles peurs, remplaçant celles en perte d’influence car il ne va pas dans l’intérêt du capitalisme que les individus s’accoutument à leurs peurs.

Afin de pouvoir faire changer le comportement des gens, il faut soit les convaincre sur le plan des idées ou les soumettre constamment à un sentiment de menace.

Une idéologie qui est incapable de convaincre les gens sur le plan des idées recourra continuellement à maintenir les personnes dans la sphère de la peur afin d’influencer leur comportement.

C’est le but principal de ces scénarios catastrophes écrits de temps à autres.

Même si le capitalisme se revendique d’être la source idéologique de concepts tels que la liberté et la démocratie, il n’a rien à apporter de bien aux gens. En temps qu’idéologie, il se nourrit d’anarchie et de chaos. En tant que telle, la seule chose qu’il peut offrir à la société est une politique de la peur. Avec les outils technologiques de l’information et de la communication, il peut créer cet effet souhaité en quelques secondes. Ils conçoivent même nos peurs comme ils le souhaitent à travers les réseaux sociaux.

Alors que nous sommes insensibles à des événements inquiétants qui se passent très proches de nous (pédophilie, vols, viols, drogue ,…), nous pouvons nous montrer extrêmement craintifs face à un événement qui pourrait nous atteindre avec une probabilité de 1 sur 100 millions.

En tant que musulman, la situation qui nous concerne est bien plus sérieuse. Un musulman qui a pleine conscience de la question existentielle sait que la seule entité (force) qu’il doit craindre est Allah swt.

Toutefois, pour les raisons que nous avons expliquées auparavant, nous constatons qu’un musulman qui n’a pas de crainte de manger haram, qui est préoccupé par son rizq (subsistance), ou par la peur de la diminution de ses biens quand il n’a pas peur de recourir à l’intérêt, par la peur de la mort quand il n’a pas peur du jour du jugement, a peur du pouvoir des mécréants malgré la promesse d’Allah. Tout cela, parce que nos craintes sont systématiquement coordonnées.

Comme vous pouvez le voir, la politique de la peur est une stratégie issue du capitalisme. Comme évoqué au début, nos peurs sont conditionnées par nos idées préconçues concernant un sujet.

Si nous ne voulons pas être les prisonniers de nos peurs, nous devons nous rappeler de notre foi en Allah, le craindre uniquement Lui et Lui faire entièrement confiance pour trouver notre courage face aux adversités de la vie. Nous devons nous tenir fermement à ces commandements et interdictions afin de ne pas tomber dans le piège de la politique de la peur entreprise par le capitalisme.

فَمَنۡ ءَامَنَ وَأَصۡلَحَ فَلَا خَوۡفٌ عَلَيۡہِمۡ وَلَا هُمۡ يَحۡزَنُونَ

« Quiconque croit et se corrige, il n’y a aucune crainte pour eux. » (s 6: v 48)

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